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Titre original : Rant, An oral biography of Buster Casey (2007) 439 pages

 

 

Pitch :

Mais qui est donc Buster Casey, alias Rant ? Dans un futur où une partie de la population est " diurne et l'autre - nocturne " selon un couvre-feu très strict, Peste prend la forme d'une biographie orale faite de rapports contradictoires émanant de témoins qui ont connu le mystérieux Buster de près ou de loin. Garçon aux mœurs étranges, friand de morsures animales en tous genres pour certains, génial tueur en série ou répugnant individu pour d'autres, le véritable Buster Casey semble, au fil des récits, de plus en plus insaisissable et protéiforme. De quoi alimenter le mythe... Dans ce roman, sorte d'éloge funèbre chanté par un chœur constitué d'amis, de voisins, de policiers, de médecins, de détracteurs et d'admirateurs, Chuck Palahniuk explore les tréfonds de la vie moderne et dresse le portrait en creux d'une Amérique en mal de repères. Evangile subversif et grotesque ou le rire donne la réplique à l'horreur, Peste décrit un monde qui marche sur la tête, où la vie est à mourir d'ennui et la mort positive et créatrice.

Avis :

D’abord, je voudrai parler de la forme qui nous invite à une lecture aisée et ludique par le biais de témoignages succincts d’une multitude de personnages.

 

 

 

Le récit quant à lui s’articule comme ceci : la première moitié en une sorte d’éloge funèbre s’axant sur l’enfance atypique du héros, le patient zéro d’une épidémie de rage. Même s’il est très loin des stéréotypes du héros lambda (c’est le moins qu’on puisse dire !), il nous apparaît néanmoins sympathique dans ses tentatives de détourner les idées préconçues (je pense surtout à son enrichissement personnel sur le dos de « La petite souris des dents » et à l’hypocrisie des parents pris dans leur propre piège du mensonge).

 

 

 

La deuxième partie est beaucoup plus barrée. L’auteur nous décrit une société sectaire (deux castes séparées par un couvre-feu drastique) et superficielle afin de maintenir les consciences en léthargie (tout le monde vit ses expériences par procuration grâce une sorte de connexion neuronale insérée dans le cou). En contre pied à tout cela va naître un mouvement de révolte qui prendra la forme du décadent « crashing ». C’est une sorte de rodéo urbain dans lequel les voitures se rentrent dedans suivant des règles bien strictes. Le tout orchestré par une radio nationale qui émet toutes les dix minutes afin de tenir informé les participants sans lésiner sur les détails des traumatismes des blessés et cela, tenez vous bien, pour éviter les files de curieux aux abords des accidents !

 

 

 

Alors quand le « crashing » devient pour certains adeptes une religion, leurs ondes cérébrales vont atteindre une sorte d’épiphanie. Ce qui va bousculer les lois du temps. Et les idées frappadingues vont s’enchaîner. On parlera « d’autogénèse » et de « résoudre ses origines ». Sans entrer dans les détails (afin de na pas tout révéler tout de même), cela va faire imploser tous les tabous possibles et imaginables et notre héros Rant va occuper une place prépondérante dans tout cet embrouillamini.

 

 

 

Du grand art au final. Ce livre atteint aisément le niveau d’un Fight club déjà bien décoiffant. On est véritablement hanté par l’épilogue qui redistribue un peu les rôles nous obligeant à repenser au récit depuis ses prémices. Un coup de maître Mr Palahniuk.

 

 

 

PS : Voici en bonus quelques notules sur le livre distillées sous forme de petits témoignages à l’image de la technique d’écriture adoptée dans le bouquin.

 

 

 

 

 

Berardo Pasqua (lecteur assidu) : On se retrouve à un moment dans le premier « Retour vers le futur » mais en version trash !!!!

 

 

 

Berardo Pasqua (lecteur révolté) : Incompréhensible  cette traduction du titre original « Rant » par « Peste » !!!!!!! Il nous avait déjà fait le coup en adaptant le précédant roman de Palahniuk « Haunted » (hanté en français) par « A l’estomac » !!!!!!!

 

 

 

Berardo (lecteur ébahi) : Grâce au procédé d’écriture, la vérité est éparpillée au travers des différentes déclarations des personnages. L’auteur nous donne ainsi une ribambelle de points de vue de la situation sans véritable chapitre explicatif et il ne tient qu’à nous de nous faire notre propre vérité !!!!

 

 

 

Berardo (lecteur cinéphile) : Si on lui cherchait un pendant cinématographique, je penserais tout de suite à Donnie Darko qui m’avait laissé le même sentiment de complexité mêlé à une hébétude respectueuse devant la maestria à immiscer la science fiction, là où on ne l’attend pa...

 

 

 

Berardo (lecteur assouvi) : C’est la rage qui va libérer tout une frange de la population de l’asservissement. Quel comble pour ce gros bordel de société où l’on ne voudrait pas vivre !!!!!!

 

 

Note : 18,5/20

 

 

 

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