15 juillet 2009
Juste être un homme de Craig Davidson
Titre oiginal : The fighter (2006) 245 pages
Pitch :
Après le succès d'Un goût de rouille et d'os, le jeune écrivain canadien Craig Davidson ne dément pas sa réputation avec ce roman qui explore l'identité masculine contemporaine à travers le portrait sombre et mélancolique d'une certaine Amérique. Paul Harris mène une existence privilégiée jusqu'au jour où une agression sauvage le pousse à apprendre à se défendre. Rob Tully est un jeune boxeur très doué, sur lequel son père et son oncle ont placé tous leurs espoirs. Trop, sans doute. Tandis que Paul devient obsédé par le culte de son corps et la violence qu'il découvre en lui, Rob tente d'être à la hauteur des attentes qui pèsent sur ses épaules. Aussi différents soient-ils, leurs chemins vont les mener en un lieu clandestin, sans règles ni limites, où des hommes sont prêts à tout donner d'eux-mêmes. Au risque de tout perdre.
Avis :
Dire que c’est un livre coup de poing est un doux euphémisme. Même si le terme « doux » parait totalement incongru dans ce maelstrom de testostérone sur papier. Car c’est bien de cela qu’il est question : la bestialité latente qui réside dans chaque humain porteur de chromosomes XY.
Sur fond de boxe clandestine (celle qui se pratique sans gants et les poings plongés dans le verre pilé) le livre va s’intéresser aux destins croisés de deux personnages qui ne devaient jamais se rencontrer. L’un adolescent et pauvre, trempe dans le milieu pugilistique (la boxe traditionnelle donc) par népotisme tandis que l’autre a la trentaine et est un parvenu installé en haut de la hiérarchie d’une entreprise viticole. Mais une rixe en boîte de nuit va totalement modifier la perception de la vie de ce dernier. Ses nouvelles prérogatives se conjugueront avec des récoltes pénibles de raisins au aurore, de la musculation sous stéroïde et des cours de boxe sur le tard. De ce côté du ring, on est plutôt dans une sorte de déstructuration radicale du mode de vie tandis qu’ au côté opposé, l’adolescent sortira plus discrètement du chemin tracé par son oncle et son père, tous deux ex gloire de la boxe.
C’est bel et bien là qu’on trouve un point d’achoppement entre ces deux destinées à hauteur d’homme. Même si les deux trajectoires sont intéressantes, l’étude des mœurs s’efface toujours devant l’action qui se trouve dépeinte dans toute sa quintessence. La violence respire le vrai, la sueur perle littéralement des pages du livre et les mots semblent même bouger tant l’auteur chorégraphie adroitement les accrochages entre brutes épaisses.
La rencontre finale sera à la hauteur des attentes du lecteur qui s’étonnera d’être déjà arrivé à l’épilogue de l’intrigue tant la lecture est aisée. Une belle ode à la masculinité dans ce qu’elle a de plus féroce. Un roman uppercut avec en filigrane une réflexion sociologique non dénuée de pertinence. J’adhère...
Note : 15,5/20
Ber
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=373259&pid=14404741
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
