hiver

 

Titre original : Vertrarborgin (2005), 405 pages

Pitch :

Comment peut-on poignarder un enfant ? Au coeur de l'hiver arctique, en Islande, un garçon d'origine thaïlandaise a été retrouvé assassiné. Il avait douze ans. Crime raciste ? Le commissaire Erlendur mène l'enquête, s'acharne et s'embourbe. Il ne comprend plus ce peuple dur et égoïste qui s'obstine à survivre dans une nature hostile. l'absurdité du mal ordinaire lui échappe...

Avis :

Troisième incursion, pour moi, dans le petit monde de l’inspecteur Erlendur. Le meurtre d’un tout jeune garçon, apparemment sur fond de racisme latent, va occuper à temps plein le policier et ses deux collègues, à savoir la secrète Elinborg et Sigurdur Oli qui verra se fendiller sa carapace. En effet, ce retour dans son quartier natal (lieu où le meurtre  s’est produit) va le confronter aux souvenirs d’un père peu amène. Souvenirs qu’il partagera malgré lui (il est en pleine crise de couple) avec un Elendur qui aura cette réflexion tout à fait intéressante : « Comment peut-on autant méconnaitre un collègue de travail de longues dates ? ».

L’enquête ronronne quelques peu, sans pour autant ennuyer le moins du monde grâce à une écriture toujours aussi rythmée. On slalomera entre les chasses trappes scénaristiques (l’ombre d’un pédophile, un prof ouvertement raciste, une dispute fratricide) sans véritablement jamais adhérer à l’une ou l’autre théorie. Comme si on savait d’avance que la résolution serait plus banale, rendant l’ensemble ô combien crapuleux. Comme une métaphore de la vie et de son déroulement implacable.

Erlendur se retrouvera lui aussi acculé face à son passé qu’il n’assume toujours pas (sentiment de culpabilité lors de la disparition de son frère). Ce segment est assez réussi pourtant l’élément déclencheur cloche. C’est la fille d’Elendur qui remuera tout cela via un rêve qu’elle aurait fait. Cela tombe un peu comme un cheveu dans le potage, faut bien l’avouer. Et l’appui du frère alcoolo repenti sur les offensives de la fille font un peu sombrer le récit dans une soupe (tiens encore des légumineuses !) psychanalytique afin de complexifier les rapports du héros avec son engeance.

Le retournement de situation final au sujet des étranges appels téléphoniques que recevait Erlendur n’étonne que très peu. Le fait que l’inspecteur suivait deux affaires simultanément (même si la seconde semble anecdotique) confine à ce genre de recoupement inattendu.

Bref ce n’est pas le meilleur épisode de la série même si la lecture se veut aisée sur les 400 pages du roman. Mais il est indéniable de constater que certains défauts émaillent le récit. Ce à quoi le sieur Indridason ne nous avait pas habitués.

Note : 13,5/20

Ber