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Publié en 2004, 604 pages

Pitch :

Elle tue sans hésiter, réagissant à tout ce qu’elle considère comme une agression sexuelle ou une simple atteinte à sa liberté. Ses actes sont toujours spontanés, brefs et extrêmement efficaces. Elle disparaît ensuite sans laisser de trace ni souvenir précis aux éventuels témoins… Qui est Anne X, meurtrière à douze ans de ses parents et d’un couple d’amis, soupçonnée depuis lors de près d’un millier de meurtres ? Criminologue québécois installé à Lyon, où il travaille pour Interpol, Stephen va de surprise en surprise au fur et à mesure qu’il explore son dossier. D’autant que l’implacable tueuse intéresse au plus haut point les services secrets de différents pays…

Avis:

C’est un grand thriller d’espionnage qui m’a accompagné ces dernières semaines. Armé d’une rigueur d’écriture incroyable (on sent la documentation en aval sur les services secrets internationaux), Ayerdhal nous offre un récit passionnant de bout en bout. Son héros entre directement dans le panthéon des iconoclastes. Ce profiler québécois, qui masque son accent, est dès la première seconde du livre attachant : il n’a qu’un seul ami (un SDF !), fait chavirer toutes les femmes sans le savoir et fréquente quotidiennement les endroits les plus saugrenus (un bar-resto repris par une ex-maquerelle et ses filles apr ex.).

L’étrange tueuse qu’il poursuit est, quant à elle, habillée d’une aura incroyable. Son côté imprenable épouse les frontières de la science-fiction via son « pouvoir » de passer inaperçue en toute situation ! Elle rendrait les caméras myopes et affecterait le mémoire des gens qui la côtoierait de trop près.

Au-delà de tout le passionnant jeu de dupe entre les services secrets (collusion entre services, manipulations intestines, maquillages de meurtres, détentions d’informations primordiales par les amerloques…), le livre est surtout captivant par la relation entre le héros et la criminelle. Car les deux personnages vont littéralement se métamorphoser au contact l’un de l’autre. Si Stephen sombrera dans une obsession teintée de paranoïa, Anne va montrer plus qu’un soupçon d’humanité malgré sa blessure enfantine qui ne guérira jamais.

Ayerdhal tient magnifiquement les reines de son récit avec un bestiaire riche de personnages (un savant fou allemand, une espionne en plein Alzheimer, une copycat liée au service secret…) disséminés à travers l’Europe (Stephen voyagera entre Lyon, Berlin etla Grèce). L’auteur n’hésite pas à se jouer de nous grâce à sa tueuse « transparente ». Il nous envoie une grosse balise au milieu du livre en nous offrant sur un plateau d’argent des soupçons sur la véritable identité d’une ex-conquête du héros (« j’ai passé la nuit avec une fille dont je ne me souviens même plus le nom »). Mais cette manœuvre était à dessein ! C’était pour mieux nous détourner l’attention car on apprendra qu’Anne s’était déjà camouflée derrière un protagoniste de l’aventure bien avant ! Bluffant !

Pour essayer de trouver un mini défaut, je pourrais peut être émettre une réserve sur la trop grande ambition de l’histoire qui voudrait embrasser une trop grande partie de l’histoire américaine allant du meurtre de Kennedy aux attentats du 11 septembre. Mais peut être réviserai-je ce jugement lorsque j’aurai lu l’ensemble de la trilogie.

Résurgences,le tome 2, est déjà dans les starting-blocks de mes futures lectures !

Note : 19/20

 

Ber