mur

 

Publié en 1990,  250 pages

Pitch:

Quelle meilleure cachette, au terme d'un hold-up sanglant, qu'un bâtiment condamné, perdu au milieu d'anciens locaux militaires placés sous haute surveillance ?Bien sûr, il vous faudra cohabiter avec les rats, véritables propriétaires des lieux...Etudiant pauvre, Daniel Sarella, lui, s'est fait embaucher dans une société de gardiennage pour gagner un peu d'argent. Et lorsqu'il découvre l'univers ténébreux des vigiles, ces guerriers de la nuit, il se demande s'il a fait le bon choix.Trop tard. On n'entre pas impunément dans ce monde nocturne, peuplé de fantasmes d'autodéfense. Daniel ouvrira même la porte du bâtiment aux rats et découvrira comment la terreur du nucléaire peut amener des tueurs paumés à s'enterrer vivants. Commence alors pour lui une histoire d'amour funèbre dont il aura bien du mal à sortir intact.L'auteur de La Main froide et de La Fille de la nuit est un génie du thriller et de l'angoisse. Mais c'est peut-être aussi, tout simplement, un des vrais romanciers de notre temps, qui nous renvoie à nos hantises : ici la peur ancestrale et très actuelle de la fin du monde, avec toutes les régressions, infantiles et féroces, qu'elle peut provoquer.

Avis:

 

L’enthousiasme m’a un peu quitté sur ce Brussolo-ci. A mon avis, c’est à cause d’une entrée à la matière beaucoup trop descriptive du monde de la nuit découvert par le jeune Sarella. Cette introduction dure près de 100 pages pour un roman qui dépasse à peine le double de feuillets ! Pourtant, ce microcosme n’est pas exempt d’idées ingénieuses (le clair de lune qui blanchit les cheveux, les bruits de la ville insupportables pour les dormeurs en plein jour, la métaphore avec les vampires modernes…)

Passé la moitié du livre, l’action se met vraiment en place (on plonge enfin dans le statut original promis par le quatrième de couverture !) et on découvre enfin une véritable interaction entre personnages.

Malgré ce réel regain d'intérêt, le récit finit par s'enliser dans un ennuyeux récit initiatique d'entrée dans une secte (sujet ô combien rabâché) et finalement, toute l'introspection qui nimbe le héros (ses peurs, son adrénaline d’être hors la loi, son insomnie) se la lit sans déplaisir mais en y restant franchement réfractaire. Comme si épouser, en grande partie, la seule destinée d’un personnage nuit au bouquin et cela laisse peu ou prou de place à l'empathie. On se croirait presque dans un piteux huis-clos mais à ciel ouvert ! Bizarre…

On notera un final tout de même réussi avec une évaporation du cash (pas étonnant avec les sectes) et un héros dans de beaux draps!

Note : 9/20

Ber