melan

 

Publié en 2004, 284 pages (paru en 1982 sous le titre "les foetus d'acier" dans une version écourtée)

Pitch :

Femme scaphandrier, Lize Unke appartient à la brigade de police fluviale chargée d'enquêter sur la catastrophe du métro englouti. Qu'est-il réellement arrivé, ce jour-là, quand le plafond du tunnel a crevé, laissant le fleuve s'engouffrer dans le réseau souterrain pour noyer des
kilomètres de galeries, de rames... et des milliers d'usagers ? Bien des années ont passé depuis le drame, mais l'énigme reste entière. On parle de survivants, prisonniers de poches
d'air. Des survivants qui connaîtraient la vérité... mais que personne ne semble pressé de ramener à la surface. La solution du mystère est là, quelque part dans le labyrinthe des tunnels inondés. Lize, qui a perdu sa jeune sœur dans la catastrophe, s'est donné pour mission de faire la lumière sur cette étrange histoire. Décision imprudente s'il en est, car quoi de plus vulnérable qu'un scaphandrier
perdu sous les eaux !

Avis : 

Voilà un Brussolo comme on les aime ! Sa recette ? Une légion de trouvailles scénaristiques et un monde parallèle dépeint de manière clinique et outrancière. On se trouve plongé dans une obscure Allemagne (à en croire les noms barbares des villes) futuriste dont une des cités principales a vu son métro englouti sous les eaux.

La cause ? Acte terroriste selon la version officielle. Officieusement, on parle d’un incident causé par des armes secrètes, dissimulées à la population, dans les réseaux souterrains.

L’héroïne découvrira, via son métier de scaphandrière pour l’état, les affres de la plus grande mystification civile. Elle s’enfoncera illégalement dans les poches d’air, qui se sont naturellement aménagées, pour retrouver une sœur fantomatique, au milieu d’une population dégénérée à force de respirer de l’oxygène vicié.

Brussolo, déjà armé d’un pitch des plus jubilatoires, use de ses légendaires saillies imaginatives pour nous concocter un récit pas piqué des vers. Il invente une nouvelle société dépourvue de mémoire (à cause d’un compresseur d’O2 défectueux) vivant au rythme de marathons sexuels qui se goupillent quand ces êtres sont nourris en air pur à 100%. Ces humains abimés, en vue de préserver leur maigre ressource, ont exilé leurs éclopés dans une zone totalement polluée. No man’s land où la loi est dictée par une mystérieuse surveillante masquée qui rétribue ou puni tout un chacun en fonction de leur action. Quelle inventivité, mes aïeux !

Ca se lit comme du petit lait et le plaisir de lecture n’est jamais feint, et ce, de bout en bout ! Mention spéciale pour l’évocation de l’enfance de Lize. Ses parents, des bohèmes pur jus, ont décidé d’acheter une demeure où venait de se dérouler un horrible crime. Ils n’hésitent pas à profiter de l’aubaine pour créer une sorte de musée macabre rentable (avec de gigantesques statues, disséminées dans chaque pièce, évoquant le déroulé du meurtre). Vous imaginez les démons enfouis dans le for intérieur des deux jeunes sœurs élevées dans pareilles conditions !

Un tout bon Brussolo, que je vous disais…

 

Note : 19/20

 

Ber