trilogie

Titre original : Ghosts (1988) 86 pages

Pitch :

 

Revenants est l’histoire d’un détective privé, Bleu, engagé par Blanc pour filer et espionner un dénommé Noir. L’affaire semble simple, pourtant elle ne l’est pas. Alors que Bleu s’imagine devoir rester en planque pendant quelques jours, l’affaire dure des années.

Avis:

Ce deuxième opus de la trilogie new yorkaise est assez déroutant. Auster y raconte le même canevas scénaristique que  « Cité de verre » mais en le dépouillant de tout artifice. Ainsi les personnages perdent leur patronyme au bénéficie d’une couleur et le livre se résume à une filature routinière de la première à l’ultime page. L’histoire se déroule ici en 1947 (année de naissance de l’écrivain, hasard ?) et renvoie le héros, Bleu, à la plus grande introspection qui lui a été donné de vivre. Ce dernier va totalement perdre pied sans ce travail trop ordinaire, qui le verra abandonner sa propre existence (plus aucun contact avec sa fiancée pendant plus d’un an !). Pendant ses très long moments de solitude, il échafaudera les scénarios les plus tordus afin d’expliquer ce travail trivial mais pourtant rémunéré rubis sur ongle.

En se délestant du superflu, l’auteur plonge dans l’essence de son histoire première et, ainsi, nous ouvrir les portes de la métaphysique. Car lorsque Bleu va se créer une rencontre avec Noir, sa proie, ce dernier, tel un miroir, renvoie le détective à sa propre condition de personnage lambda se débattant futilement en ce bas monde.

Et quand Bleu investira l’antre de Noir, ce sera pour y découvrir les rapports qu’il envoie hebdomadairement à son commanditaire, Blanc ! Le récit, s’i l’on veut faire une corrélation avec le cinéma, devient totalement Lynchien.

Quelque part entre folie ambiante et déstructuration existentielle, Auster téléporte le lecteur dans une dimension inconnue, qui le poussera indéniablement à découvrir au plus vite la dernière tranche de la trilogie. N’est ce pas là l’essentiel ?

Note : 15/20

Ber