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Publié en 1995, 414 pages

Pitch:

Pour pirater la surveillance électronique de la banque où travaille son mari Adam Smart, Dorana a besoin de deux choses : sa voix et sa main. Cela peut s'arranger, surtout lorsque, à la clef, il y a quelques millions de dollars... Mais elle doit, ainsi que ses complices, affronter le compagnon favori d'Adam Smart : Dust, le chien policier recueilli par le banquier. Une bête d'une intelligence redoutable, dressée à flairer et à tuer, réformée pour agressivité pathologique, «une saloperie vivante», avaient averti les flics. Et c'est dans un véritable cauchemar que l'auteur du Chien de minuit, Prix du roman d'aventures 1994, précipite ses personnages. Un suspense d'autant plus angoissant que la férocité de l'animal ne fait, après tout, que refléter celle des hommes...

Avis:

Je me suis retrouvé face au roman le plus abouti du sieur Brussolo. Je m’explique. Ici, pas de société futuriste en déclin, ni de sérum révolutionnaire augmentant les capacités physiques. Juste un braquage de banque des plus machiavélique imaginé par une épouse désabusée et vénale. On est donc ici en pleine veine réaliste.

La matrone engagera, pour le méfait, trois bras cassés tout droit sortis d’un bestiaire dont seul Brussolo a le secret. Entre le soldat vieillissant jouant les toubibs du dimanche, le catcheur hideux court sur patte et l’imitateur pro mais déchu, l'auteur excelle dans son art de concocter une intrigue inextricable sans jamais verser dans les parages du ridicule.

Un autre élément clef du bouquin est le chien, qui a tout du suppôt de Satan. Là encore, l’écrivain trouve le ton juste, même lors de ses incursions dans la voix intérieure du canidé. Un tour de force!

On peut même ressortir quelques moments de haut vol dans l’écriture: l'entrée du premier larron dans la banque vide et immaculée telle l'abordage dans un sous-marin cuirassé. Ou encore l'épisode de paranoïa de l'épouse qui s'imagine prise au piège dans une piscine face au molosse pourtant absent.

Même si on peu relever ça et là quelques petites longueurs (le spleen des braqueurs lors de l’après-casse  tendance à se tirer en longueur), l'intrigue ne nous lâche pas de bout en bout jusqu’au final qui réserve son lot de retournement de situation.

Prenant les atours d’un roman noir ultra réaliste, Brussolo réussit le roman presque parfait.

Note : 18/20

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