noir

Titre original: Sipid (2006), 543 pages

Pitch:

De lourds muages noirs s'amoncellent dans le ciel zébré d'éclairs au moment où le Per se quitte le port de Grundartangi en Islande en direction du Surinam. À son bord, neuf membres d'équipage qui, tous, semblent avoir emporté dans leurs bagages des secrets peu reluisants. Ceux qui ont entendu dire que la compagnie de fret allait les licencier et qu'il s'agit là de leur dernier voyage sont bien décidés à prendre les choses en main, une fois que la météo sera plus favorable. La mutinerie n'est pas loin et, très vite, l'atmosphère se charge de suspicion, de menaces et d'hostilité. Quand les communications sont coupées par l'un des membres de l'équipage - mais lequel ? -, la folie prend peu à peu le contrôle du bateau qui n'en finit pas de dériver vers des mers toujours plus froides et inhospitalières...

Avis:

Tous les ingrédients étaient réunis pour s’immerger dans un roman dantesque : un auteur nordique avec sous les bras un scénario ouvrant de multiples perspectives en matière de frissons sanglants. Et pourtant, la sauce ne prendra véritablement jamais.

Le premier accroc se situera dans la complexité de la langue scandinave. En effet, on a un peu de mal avec les références aux  noms des villes imprononçables mais le pire est de réussir à se dépatouiller avec les patronymes des personnages. Sans compter qu’il y en a trois qui ont presque le même prénom (Jonas, Jon Karl et Jon). La gymnastique nécessaire à une lecture sans anicroche prend un temps fou !

Le second plantage, selon moi, réside dans une action beaucoup trop diluée pour un récit qui s'évertue à maintenir une tension permanente sans sursaut d'adrénaline. L'histoire s'enlise alors dans une soupe psychologique dans laquelle on perd inexorablement pied. Et cela malgré un préambule de haut-vol, une écriture fluide et un certain savoir-faire de l'auteur dans les scènes clefs. Scènes qu'il découpe en points de vue éclaté avec un côté minuté qui nous colle au chapitre. Mais au final (c'est à dire après 350 pages pour moi), on se retrouve déboussolé par un non aboutissement des multiples pistes semées. On finit même lassé par une vision trop réaliste du job de marin (ils se ramassent tous les uns après les autres sur le plancher du bateau de façon métronomique!).

Je reste giga déçu, moi, le grand fan de récit marin où le confinement des hommes peut faire ressortir leurs plus vils instincts. Ici, la croisière sanglante aura pris l’eau bien avant que j’envisage de crier au génie. Tel un pétard mouillé…

Note : 9/20

Ber