Hard_revolution

Publié en 2003, 436 pages

Pitch:

A peine sortis de l'enfance, Derek et Dennis sont confrontés aux tensions racistes qui règnent dans le ghetto. Neuf ans plus tard, Derek, devenu flic, enquête sur la mort d'un jeune Noir et Dennis a sombré dans la drogue et la délinquance. Les deux frères vont s'entre-déchirer dans une ville au bord de l'explosion. Bientôt, c'est toute la capitale qui s'embrase...

 

Avis:

Après sa trilogie sur Wahington DC (et sur Derek Strange, par extension), l'auteur nous convie à remonter le temps afin de nous faire vivre les premiers mois du héros black dans la police. Mais son plan est bien plus audacieux que cela. Pelecanos nous offre une sorte d'œuvre somme épousant tous les thèmes cher à son stylo dans une année 68 des plus sanglantes. Une année où Washington, devenue une véritable poudrière suite aux tensions raciales galopantes, s'embrasera lorsque Matin Luther King sera assassiné.

Même si le point de vue du jeune Derek est éclairant, c'est dans son évocation de deux trios de délinquants que l'auteur semble le plus authentique dans le ressenti de cette période particulière. Trois noirs d'abord dont l'un, le frère de Derek sur la mauvaise pente depuis bien des années, aura des scrupules juste avant un casse. Le canard boiteux du trio de malfrats blanc aura les traits d'un ex caïd de cour de récré que le Viet Nam aura rendu comme anesthésié. Et voila comment l'auteur embrasse, sans avoir l'air d’y toucher, un autre thème cher à la culture US.

Le tout est orchestré de main de maître pour un emballement des événements dans les trente dernières pages. De plus, l'écrivain n'oublie jamais d'étoffer son univers en plantant, ça et là, quelques clins d'œil à son œuvre. Que ce soit le fait de croiser, sur un mini paragraphe, un Nick Stefanos en culotte courte ou bien de clôturer son livre sur la livraison d'identité d'un bébé (future figure du grand banditisme d'un pan de sa trilogie sur Washington), Pelecanos étaie de la plus belle des façons son statut d’écrivain avec un grand E, à des lieues du jeune loup ès littératures noires.

 

Note: 19/20

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