peleca

 

Titre original : The way home (2008), 400 pages

 

Pitch:

Lorsque Thomas Flynn abandonne son fils de 17 ans à la prison pour jeunes de Pine Ridge, dans la banlieue de Washington, il est désespéré mais résolu à lui mettre du plomb dans la cervelle : de bagarres en abus de marijuana, de petits casses en altercations avec les flics, Chris est devenu un parfait étranger, indifférent à l’affection et à la peine des siens.
Dix ans plus tard, Chris a choisi : il travaille dans l’entreprise de pose de sols et moquettes de son père, mène une vie sans surprise. Ou presque. Sous le parquet d’une paisible maison de banlieue, le jeune homme découvre un sac contenant 50 000 dollars. Pas question de replonger… Mais choisit-on toujours ?

Avis:

Pelecanos quitte un peu la sphère de ses grands romans criminels choraux pour s’intéresser à la destinée d'un jeune blanc délinquant. De ses jeunes années bordées de conneries en tout genre à son incarcération dans un institut pour jeune mineur. L'auteur embrasse toute cette noire période pour nous parachuter, ensuite, dans la réinsertion de ce jeune gars dans l'entreprise de pose de moquettes de son père.

Même s'il s'attache à une histoire plus personnelle qu'à l'accoutumée, Pelecanos interroge toujours son lectorat sur des sujets brulant qui lui tiennent tjs à cœur : le système carcéral américain et l'insécurité des banlieues de Washington de par ses innombrables trafics.

Sans jamais trop en faire, l'écrivain nous scotche littéralement à son récit. En s'intéressant aux destins de plusieurs anciens délinquants qui ont occupé le même institut que Chris, le héros, l’auteur a pas mal de grain à moudre : que ce soit la grosse terreur black qui va créer la situation dramatique de l'intrigue, l’introverti qui s'est recyclé dans le social en aidant ses ex-codétenus ou encore l’inextricable situation dans laquelle se retrouve Chris, englué dans de la pure tragédie grecque.

Le récit se lit de bout en bout sans coup férir jusqu'au dénouement où se sacrifiera l'un des personnages. En passant, Pelecanos nous inonde de sa verve lors de sporadiques saillies artistiques. J'en veux pour preuve l'évocation éclair, tout en froideur, du triste curriculum vitae des parents de Chris, bien sous tout rapport de prime abord.

Quelque part entre réinsertion, désillusion parentale et rédemption, Pelecanos emballe le tout dans un très bel écrin

Note : 18/20

Ber