docteur

Publié en 2013, 600 pages

 

Pitch:

Stephen King renoue avec l'histoire et le personnage de l'un de ses plus grands succès : Shining. Le petit Dany Torrance est désormais adulte. Il a échappé au sort de son père alcoolique et travaille en tant qu aide-soignant dans un hospice où il utilise ses pouvoirs surnaturels pour apaiser la souffrance des mourants. D'où son surnom : Docteur Sleep. Il rencontre Abra, fillette de 12 ans, pourchassée par un étrange groupe de voyageurs qui traversent les Etats-Unis en se nourrissant de la lumière des enfants télépathes. Commence alors une guerre épique entre le bien et le mal...

Avis:

Fallait-il donner suite au cultissime Shining? La question est légitime et comme souvent, la réponse ne sera pas si tranchée. Il y aura les partisans de la "Madeleine de Proust", ceux qui fantasmaient un retour dans l'univers de Jack Torrance tandis que d'autres crieront à l'infamie, et ne verront que le côté mercantile de l'affaire. Dernier coup de force d'un auteur fatigué à la rechercher de son inspiration d'antan...

Au sortir du livre, je me situerai entre les deux. Je vois plutôt un auteur, écrivant depuis belle lurette "sans filets", voulant se faire plaisir dans l'espoir que son enthousiasme soit contagieux.

Mais il faut être honnête d'entrée de jeu, ce Docteur sleep n'arrive pas à la cheville de son prédécesseur. Pourtant, tout avait bien débuté. Malin comme un singe, King nous replonge, en quelques lignes, dans les affres de l'hôtel Overlook via un Danny Torance en proie à ses démons intérieurs. Cette ouverture se situe très peu de temps après le mot « fin » du roman Shining.

Puis, l'auteur survole, toujours très brillamment, les années de reconstruction de Danny entre alcoolisme pur et dur et rédemption via le programme AA. Toujours dans la même veine créatrice, l'écrivain nous fait découvrir très vite les nouveaux croquemitaines, sortis tout droit de son imagination débordante. A savoir une bande de romanichels en camping car  qui vont vite se montrer assez inquiétants. A l'image de leur meneuse, Rose Claque, qui s'érige en une sorte de reine vampire télépathe bizarement accoutrée. Il n'y a que le King pour réussir à faire monter graduellement le trouillomètre de telle façon. Par l’intermédiaire de personnages assez communs, affublés de sobriquet à la limite du ridicule. Mais ça marche !

Malheureusement, c'est par la suite que cela va se gâter un peu. A mi-roman, les premières escarmouches approchant, la mécanique des événements va franchement aller à un rythme indolent. Tout va être attendu quand on connaît un tant soit peu l'oeuvre de l'auteur. Pire, lorsqu'il veut créer l'inattendu, en sortant de son chapeau un lien de parenté entre certains héros, on n'y croit pas une seconde! De plus, la figure de la jeune fille au pouvoir incommensurable, Abra et son Don, est très cliché  dans ce genre d'histoire.

King se prend un peu les pieds dans le tapis à cause d’une seconde partie un peu trop "pépère" selon moi. Comme si l'auteur avait voulu inutilement étirer son plaisir à jouer avec ses personnages. Nous abandonnant sur le carreau...

Note:

13/20

Ber