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Titre original: The big blowdown (1996), 447 pages

Pitch:

Pour Peter Karras, tuer n'est pas un problème. Mais trahir ses amis, sa famille ou ses compatriotes, ce n'est pas dans sa nature. Karras a grandi et gagné ses galons de voyou dans la jungle urbaine de Washington DC, dans les années 1930. Pour un gosse d'immigrés grecs, comme pour son ami Joe, le Rital, c'était ça ou la misère. Les paris truqués, le racket, le crime organisé, ce sont les affaires courantes. Mais quand un psychopathe commence à assassiner les prostituées du quartier, plus question de suivre l'organisation. Dès lors, ses jours sont comptés. Peter doit sauver sa peau. Il doit surtout retrouver en lui l'homme d'honneur qui rêvait de conquérir dignement l'Amérique.

Avis:

Première tranche de la série que l'auteur a consacrée à son cycle « D.C.Quartet ». Ce livre embrasse une très longue époque entre les prémisses de la seconde guerre mondiale jusqu'à l'aube des années 70. La chronique en est des plus réaliste grâce à un très grand panel de thèmes. L'on suit les aventures de Peter qui rêve d'être voyou à la petite semaine. Mais la guerre et un guet-apens crapuleux à son retour du front auront raison de sa carrière de malfrat. Et c'est dans les alcôves du resto de son boss (qui n'est autre que le grand père homonyme de notre cher Nick Stefanos) que le cuistot va évoluer dans son Washington chéri. Volage et sanguin, notre héros a un code d'honneur à toute épreuve qui lui a fait  couper tout contact avec son meilleur ami d'enfance, le rital Recevo.

En parallèle de cela, Pelecanos se permettra d'alimenter son récit avec un tueur en série sévissant dans le milieu des prostituées et la marche vindicative d'un jeune polonais, parti à la recherche se da jeune sœur embrigadée par un mac peu scrupuleux. Et c'est sous le regard ce new yorkais fraichement arrivé en ville que Washington nous apparait plus vrai que nature. Comme par exemple dans son mélange hétéroclite des races a contrario d’un New York découpé en quartier étranger bien délimité.

Peter Karras va être mêlé de près ou de loin à chaque récit. Ca et là, le récit explore aussi le devenir des potes d’enfance de Peter. Entre le policer aguerri mais dopé aux amphets ou un autre plus sage et rangé des voitures, chaque destinée nourrit intelligemment l’histoire. Et c’est donc en  pierre angulaire du livre que le destin de Peter va virer au tragique. Tout basculera lorsque son patron refusera de payer des bakchichs à la bande de malfrats qui a évincé Peter par le passé. Et c’est parallèlement à ce final sanglant que toutes les autres intrigues trouveront un épilogue savamment dosé.

Tout se lit avec une facilité déconcertante. L'auteur joue de sa plume et nous promène dans ce Washington de tous les dangers. Une œuvre majeure selon moi de par une ambition plus grande de l'auteur. Une sorte de roman-somme qui charrie énormément de choses, sublimées par l'écriture réaliste d’un Pelecanos habité. Du bien bel ouvrage!

Note: 19/20

Ber