mur

 

Titre original: Svörtuloft (2009), 350 pages

 

Pitch:

 

La « muraille de lave » existe bel et bien en Islande : c’est une falaise de basalte noir au pied de laquelle un tourbillon engloutit tous navires qui s’en approchent. Mais aussi le surnom donné, ici, au siège social d’une grande banque aux pratiques douteuses. Alors que le commissaire Erlendur est parti tenter de se ressourcer sur les lieux de son enfance, ses adjoints tombent chacun sur des enquêtes liées à des affaires anciennes : Elinborg, sur une affaire de viol et Sigurdur Oli, sur un chantage qui se transforme en meurtre. Derrière un suspens classique, Indridason dresse le portrait sans concession d’une Islande ivre de croissance économique, fascinée par les « modèles financiers » prônés par la mondialisation, où l’appât du profit a détruit tout sens moral.

Avis:

Indridasson met un peu au repos le commissaire Erlendur pour cause de ressourcement intensif. Quelle bonne idée de mettre en lumière une aventure d'un de ses sous fifres en la personne de Sigurdur Oli. Empêtré dans une situation familiale complexe (en pleine séparation pour cause d'infécondité du couple) et plongé dans une enquête touchant un proche ami, Sigurdur avancera à tâtons dans cette affaire sur fond de maitre chanteur et d'échangisme.

Cela demeure passionnant jusque dans les derniers éclaircissements de l'enquête. Quand le policier mettra à jour les rouages d'une escroquerie bancaire ayant entraîné la mort d'un des complices, le récit, à défaut d'être aussi fourmillant, devient plutôt didactique. C’est un peu dommage car touchant une réalité sociale très tangible pour nous tous.

L’auteur distillera également un léger soupçon de légèreté dans les tribulations de Sigurdur Oli. Via un véritable ton humoristique grâce à une enquête en filigrane. Enquête qui verra le bougre surveiller le magazine de la boîte aux lettres d’une voisine de sa maman. Ce dernier étant systématiquement dérobé par un des locataires de l’immeuble. Rafraichissant !

En conclusion, ce livre restera une agréable aventure au demeurant. Et pour ménager la chèvre et le chou, sachez qu’Indridasson a réitéré l’expérience en offrant un roman à l’autre doublure, féminine cette fois-ci, d’Erlendur. Je suis sur les starting-blocks !

Note: 15,5/20

Ber