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Titre original: Cross (2009), 320 pages

Pitch:

Jack Taylor est un privé hanté par son passé, sa culpabilité et les fantômes de tous ceux qu’il a aimés et perdus. Il n’arrive plus à s'intéresser au chagrin et à la douleur des autres tant il souffre lui-même. Pour essayer de le distraire de ses démons, son amie Ridge lui parle d’un crime épouvantable qui endeuille Galway : un jeune homme a été crucifié. Bon gré mal gré, Jack Taylor plonge dans les bas-fonds de sa ville…

Avis:

Plutôt que d’avoir l’assurance de plonger dans un irish polar pur jus, lire le dernier Bruen s’apparente plutôt à prendre des nouvelles du bilan de santé de son héros fétiche Jack Taylor ! Et il ne va pas bien le bougre !

L’auteur continue à creuser le sillon d’une certaine veine dépressive dans laquelle s’enlise son  détective privé. Rongé par la culpabilité, Taylor va encore se trouver face à un nouvel avatar du destin : un jeune homme qui l’avait pris pour modèle va périr sous les balles. Et notre enquêteur ruminera encore plus sa malchance légendaire entre complainte exacerbée et une longue période d’abstinence de spiritueux ce qui le rend d’autant plus amer. Son salut passera alors par les bras ouverts d’un dealer avenant, lui donnant ainsi accès à quelques pilules salvatrices. Et voilà le Taylor qui se met à rêver d’une Amérique où il recommencerait tout à zéro.

On est là à la moitié du livre et l’enquête proprement dite peu enfin débuter. Le privé trouvera sur son chemin un jeune fille pyromane qui a tout du mal incarné. Tout à fait raccord avec l’état d’esprit des derniers mois du héros. Le jeu de cache-cache prendra des atours inattendus et Taylor se trouvera bien souvent à des lieues de la résolution de l’enquête. Toujours en décalage, il constatera simplement les dégâts collatéraux lorsque la tueuse aura été annihilée.

Et qu’-en est-il de son Amérique providentielle au sortir de tout cela ? Aucun doutes n’était permis et cela bien avant la distribution de cartes ! Jamais une échappatoire aussi providentielle ne serait offerte au limier maudit ! Bruen assène, au final, un énième coup du destin qui ne laisse d’autre choix à Taylor que de mettre ses projets aux oubliettes.

Amen.

Note : 18/20

Ber