Les lectures de l'Orme

07 février 2017

2. Gravesend de William Boyle

gra

 

Publié en 2013, pages

Pitch:

Gravesend, un quartier de Brooklyn pauvre peuplé de Russes et d'Italiens. Il ya 16 ans, Duncan, le frère aîné de Conway, a été renversé par une voiture alors qu'il tentait d'échapper à un gang de jeunes animés par la haine homophobe. Aujourd'hui, le chef du gang est en prison, mais il va bientôt sortir. Conway l'attend de pied ferme pour se venger. Mais sa vengeance va tourner court et Alessandra, son amour de jeunesse, va réapparaître dans le quartier... Désir, fantasme, désespérance et noirceur sont les maîtres mots de ce roman à la profonde humanité.

Avis:

Plus noir que ça, tu meurs ! On ne les envie pas les personnages de cette bourgade de Brooklyn où tout respire la désespérance. Comme pour Conway, jeune homme paumé, qui fomente la vengeance de la mort de son frère. Sa proie : un délinquant notoire fraichement sorti de taule exhalant aussi la désillusion. Une désillusion telle qu'il voit arriver cette mort annoncée comme une offrande. Et le reste du tableau n'est pas moins folichon.

On vit le retour dans le quartier d'une actrice (ratée) revenant d’Hollywood et qui retrouve son patelin comme elle l'a quitté. Au menu : un papa en suspension et une meilleure amie trentenaire qui joue à l'adolescente en cohabitant toujours avec maman. Et au rayon « ado à problème », l'on suit le destin d’Eugene, un jeune bon à rien qui veut suivre les traces d'un oncle truand. Résultat : renvoi de l'école, vol à l'étalage et autre joyeuseté. Et quand le gamin se prend des envies d'aller racketter le mafieux du coin, on atteindra les prémices de l'épilogue du livre. Epilogue que l’on devine comme une sorte d’anéantissement du petit microcosme présenté par l’auteur

Tout cela a de quoi être déprimant. Pourtant, on ne lâche jamais l’affaire et pour notre plus grand bonheur. Car le final est de toute beauté dans une sorte de poésie macabre suite au déroulement des ultimes événements. Tout le monde va peu ou prou se télescoper, donnant lieu à quelques grands moments de littérature noire. Comme cette superbe scène où Eugene, en voiture, court à sa perte sous les regards fantomatiques de centaines de cerfs enfouis dans les bois. Même si l’on ne sait pas si cela ne se passe que dans sa tête, le final est assez vertigineux et le happy end jamais à l’ordre du jour.

Auteur à suivre.

Note : 16,5/20.

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31 décembre 2016

1. William Boyle

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William Boyle a grandi dans le quartier de Gravesend au sud de Brooklyn.

Il travaille à temps partiel dans un magasin de disques, The End of All Music, à Oxford, Mississippi.

"Gravesend" (2013) est son premier roman

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11 novembre 2016

2. La Patrouille de l'aube de Don Winslow

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Titre original:The Dawn patrol(2008), 480 pages

Pitch:

Boone Daniels ne pense qu'au surf. Avec sa « patrouille » - quatre garçons et une fille qui les vaut tous -, il affronte les vagues tous les matins. Pour assurer son quotidien, il est détective privé. Boone a l'air cool, comme ça, mais un drame le ronge : quand il était flic, la petite Rain a disparu, et elle n'a jamais été retrouvée. La défenestration d'une strip-teaseuse lui donne l'occasion de se racheter : chargé de l'enquête, il met au jour l'exploitation de très jeunes clandestines mexicaines dans les champs de fraises de l'arrière-pays. Et cela juste au moment où l'on annonce la plus grosse houle jamais vue sur la plage de San Diego... un vrai rêve de surfeur…

Avis:

Don Winslow a un art certain pour dépeindre un milieu "cool" (le monde des surfeurs) tout en y intégrant, presque en harmonie, une enquête de détective privé. On frise même le sans faute dans la caractérisation des personnages.

Malheureusement, ces début en fanfare n'arriveront pas, selon moi, à masquer une intrigue qui ronronne dans le ventre mou du bouquin

Jusqu'à même voir venir poindre l'ennui lorsqu'on embraie sur la dernière partie.

Dommage. Mais il est indéniable que nos trajectoires, à moi et au sieur Winslow, vont à nouveau se télescoper. Certainement sur un de ses projets un peu moins mineurs. Comme La Griffe du chien par exemple….

Note:  12,5/20

Ber

 

 

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17. Red Fury de George Pelecanos

red

 

Titre original:

Pitch:

Washington D.C., 1972. Derek Strange, ancien flic devenu privé, est sollicité par une jeune femme pour retrouver une bague. Cette affaire, c’est le terrain de chasse de Frank Vaughn, un ancien collègue resté policier : la bague a en effet été volée par un petit junkie abattu à son domicile à bout portant. Les deux hommes commencent alors à traquer au coude à coude une espèce de tueur fou, un certain « Red Fury », ainsi surnommé en raison de son look et du modèle de décapotable rouge –une  Plymouth Fury – que conduit sa compagne, tenancière de bordel. Vite confrontés à une escalade de violence, Strange et Vaughn comprennent qu'il va leur falloir agir à leur façon s'ils veulent arrêter le couple infernal.

Avis:

Voici la preuve qu'une bonne recette ne fait pas tout le temps un bon plat. Parce que déguster un nouveau Pelacanos (qui déçoit très rarement) telle une madeleine qui nous replongerait dans le passé d'un personnage que l'on a déjà chéri ne pouvait qu’enthousiasmer l'aficionado de l'écrivain que je suis.

Malheureusement la mayonnaise neprend pas. Pourtant, les personnages avaient du "cachet" au vu du synopsis mais allez savoir pourquoi le récit ne passionne jamais. Pire, le désintérêt nous gagne et cela, bien avant la fin du livre.

Coup de mou artistique ou bien un lecteur en mode « ultra-blasé » ? La question est posée…

Note : 09/20

Ber

 

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06 novembre 2016

1. Don Winslow

don

 

Don Winslow a fait des études d'histoire puis a exercé plusieurs métiers : comédien, metteur en scène, détective privé et guide de safari.

Il est l’auteur célèbre de nombreux romans, traduits au moins en seize langues, dont plusieurs ont été adaptés à Hollywood. Michael Connelly a dit de lui: "Il me fait penser à Elmore Leonard."

Après avoir vécu dans le Nebraska et à Londres, Don Winslow s’est établi à San Diego, paradis du surf et théâtre de son thriller "The Dawn Patrol" (Éditions du Masque).

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20 octobre 2016

3. Seul les innocents n'ont pas d'alibi de G. Faletti

gio

 

Titre original:

Pitch:

Francesco Marcona, alias Bravo, n'est pas à proprement parler un enfant de chœur. Au volant de sa vieille Austin Mini, ce voyou ambitieux au physique de jeune premier écume chaque nuit en loup solitaire tout ce que le Milan de la fin des années 1970 compte de lieux interlopes, autant pour y prendre du bon temps que pour y faire prospérer ses affaires. Son créneau ? Le commerce des femmes. " Proxénète haut de gamme " à l'impressionnant carnet d'adresses, Bravo se propose de gérer au mieux les intérêts de ses protégées, de jeunes beautés avides d'argent, en les mettant en relation avec des hommes riches en quête d'aventures sexuelles.
D'aventures sexuelles, Bravo, lui, n'a guère le loisir d'en avoir. Et quand bien même il le souhaiterait, il ne le pourrait pas. Car Bravo a un signe – très – particulier : il n'a pas de sexe. Ou, plus précisément, il n'a plus de sexe depuis que, quelques années plus tôt, il a été châtié au couteau, ses attributs virils sacrifiés sur l'autel de mystérieuses représailles... Mais l'abstinence sexuelle, qu'elle soit volontaire ou contrainte, n'empêche pas les sentiments. Aussi, lorsque le hasard place sur sa route Carla, prête à vendre ses charmes pour s'offrir une vie meilleure, Bravo tombe-t-il aussitôt éperdument amoureux. Un coup de foudre, bientôt suivi de coups de feu, qui pourraient bien lui faire perdre ce qui lui reste de peau.

Avis:

 

Cela débute comme un récit "à la cool" de petites frappes milanaises qui croient tenir leur ville au creux de la main. Mais à ceci près que le héros à un lourd passif (émasculé par la mafia à la fleur de l'âge) et que le contexte est particulier (1978 n'est pas seulement l’anniversaire de ma naissance mais est également l'année du rapt d'Aldo Moro par les brigades rouges).

On navigue donc dans une Italie de tous les dangers où sur nage un certain Bravo qui use de son charme pour avoir le monde à ses pieds grâce à un cheptel mirifique de belles escort-girl. Tout son petit monde va s'écouler quad il se retrouvera au cœur d'une machination organisée par le contre pouvoir politique pour faire tomber quelques magistrats.

La seconde partie du récit se veut plus grave avec un héros obligé se se cloîtrer car recherché par toutes les polices.

Le roman y gagne en dramaturgie et le suspense sera maintenu jusqu'au dernière pages où l'on suivra le devenir de Bravo, dix ans après les faits.

Un très bon polar en forme de récit -somme d'une certaine époque.

Note : 16/20

Ber

 

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31 août 2016

13. Hitler's day d'Elmore Leonard

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Titre original : Up in Honey's Room (2007), 328 pages

Pitch:

En pleine Seconde Guerre mondiale, Walter Schoen, boucher à Detroit et nazillon à ses heures, pense qu'il est le jumeau d'Himmler et voué à une destinée grandiose. Le marshal Carl Webster, lancé à la poursuite d'un (vrai) officier nazi évadé, est persuadé que Walter le planque et que la jolie Honey pourrait l'aider à le débusquer. Mais Honey, très libérée, semble surtout intéressée par les beaux marshals. Après avoir chassé le truand du Middle West dans Le Kid de l'Oklahoma, Carl Webster se mesure à l'ennemi nazi tout en luttant pour rester fidèle à sa femme.

Avis:

Cet aventure de Webster supplante selon moi son prédécesseur. Dans un contexte plus historique (la fin du règne d'Hitler), l'auteur nous pond un "livre de gangster" pur jus avec pourtant des personnages un peu atypique de son univers. Et cela fonctionne! Du tonnere même! Qi'ils soient nazi haut gradés, ex-espion balte ou bien nazillon sans véritable fait d'arme, les personnages tentent tous de se manupuler les uns les autres. Sans omettre, en passant,  de penser à berner notre populaire Marshall. Il ne faut pas plus que quelques lieux communs (une ferme/abattoir, un centre commercial et un appartement cosy) pour que la tension psychologique monte crescendo. Ajoutez à cela deux personnages secondaires endaiblés (une jolie fille un poil nympho et un majordome en pleine confusion des genres) et imaginez le cocktail explosif que cela peut engendrer dans les mains d'un Leonard inspiré!

Du très très bel ouvrage!

Note:  18,5/20

Ber

 

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21 juillet 2016

2. Point Dume de Dan Fante

 

point

Titre original:  Point Doom (2013), 300 pages

Pitch:

Après quelques déboires comme détective privé à New York, JD Fiorella part se refaire une santé à Point Dume, Californie. Sans le sou, il atterrit chez sa vieille et irascible maman, astrologue de 81 ans, avant de devenir un assidu des Alcooliques Anonymes et vendeur de voitures d'occasion. Tout semble s'arranger, jusqu'à ce qu'il rencontre Sydnye, fille d'un producteur psychopathe. Et quand son vieil ami Woody est sauvagement assassiné, JD décide de mener l'enquête et met le doigt dans un engrenage fatal.

Avis:

On est un peu en dehors des codes du polar pur et dur. On suit la destinée, telle une chronique, d'un ex alcoolo et comment il se dépatouille dans sa vie de quarantenaire. Et c'est le meurtre d'un de ces potes qui va le faire retomber dans les travers des enquêtes à problèmes, milieu qu'il a quitté il y a bien des années suite à une investigation qui s'est soldée par des victimes collatérales.

C'est assez décousu comme récit mais cela est totalement raccord avec la vie de cet anti-héros jusqu'au bout des ongles. A mi chemin, au moment du meurtre glauque du poteau, on se dit que l'histoire va un peu se stabiliser et se finir comme un polar en bonne et due forme. Mais que nenni. Cela restera autant haché et j’avoue avoir abandonnée l'aventure, arrivé au dernier quart du bouquin.

J’ai pas accroché quoi...

Note: 9,5/20

Ber

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06 juillet 2016

1. Dan Fante, le plus rock and roll des "Fils de..."

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Dan Fante, de son vrai nom Daniel Smart Fante, né le 19 février 1944 et mort le 23 novembre 2015 à Los Angeles est un écrivain américain. Il est le fils de l'écrivain américain John Fante.

Il suit les cours Santa Monica College et poursuit ses études dans diverses institutions. Dan Fante s'installe ensuite à New York où il pratique plusieurs métiers : colporteur, chauffeur de limousines et chauffeur de taxi, laveur de carreaux, vendeur par téléphone, détective privé et gardien de nuit dans un hôtel. Après une vie relativement instable et marquée par l'alcoolisme, il décide d'écrire sur le tard (bien que s'étant promis à 12 ans d'être écrivain) et réussit à se faire publier à 45 ans par une maison d'édition française.

Il écrit d'abord de la poésie, des nouvelles et des pièces de théâtre, puis les quatre volets de la tétralogie Bruno Dante qui, à l'image de l'œuvre de son père, constituent une saga autobiographique.

Il disparaît en novembre 2015, des suites d'un cancer, à l'âge de 71 ans.

 

 

 

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13 juin 2016

2. Lieux sombres de Gillian Flynn

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Titre original: Dark places (2009) 504 pages

 

Pitch:

Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l'innocence bafouée. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s'est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d'un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé. C'est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu'une vérité inimaginable commence à émerger. Et Libby n'aura pas d'autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l'affaire, quelles qu'en soient les conséquences.

Avis:

Arrivé dans mes mains au gré du hasard (merci Boule), ce livre m'a tenu en haleine de bout en bout. Épousant en alternance deux moments temporels distincts : la journée du 2 janvier 85 (qui mènera à la nuit du massacre) et le présent (prémisse de l'enquête de la survivante Libby), le bouquin maintient un suspense terrible tout en ayant l'air de ne pas y toucher. Cette construction en puzzle est d'une indéniable efficacité grâce à une écriture au cordeau, une interaction entre dpersonnages qui nous parait authentique et une ambiance ambivalente sur les deux époques qui offrent une plus-value à l'intrigue générale.

Le livre se démarque directement de par son héroïne:une paumée antipathique  d'une trentaine d'année qui n'est poussée qu'à enquêter sur son passé que par une compensation financière. Cleptomane patentée , elle se décrit elle même telle une "pragmatique malsaine". C'est quand même pas si fréquent dans ce type de récit.

Maintenant, parlons un peu aussi de ce qui jure un peu dans ce tableau dithyrambique. Paradoxalement,la description du fameux Crime Club nous apparaît franchement invraisemblable. Alors que je ne doute pas une seconde que pareille association existe dans la réalité. Comme quoi.

L'autre dossier concerne la fin. C'est clair que l'attente est terrible tant le suspense est bien maintenu. La vérité finale tombe un peu comme une brique dans la mare. Pire encore, on ne croit pas une seconde à la scène du massacre mise à nue devant nos yeux de lecteur. On à peine à adhérer à cette résolution en forme de double meurtrier ayant agi, par le plus grand des hasards, au même moment !

Un (très) gros accro qui nous laisse pantois alors qu'on était habité par tant de sentiments positifs tout au long de la lecture. L'auteure aurait du revoir sa copie avant l'envoi à son éditeur selon moi...

Note: 15/20

Ber

 

 

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