La collectionneuse de boules à neige par Giovanni

Titre original: I bastardi di Pizzofalcone (2013) 352 pages

Pitch:

Giuseppe Lojacono ne pouvait pas espérer de plus belle mise au placard. Sa mutation à Pizzofalcone a tout d'une pénitence. Il y rejoint une équipe nouvellement constituée d'outsiders des autres commissariats de Naples. À leurs côtés, il va pouvoir exercer ses talents en toute liberté : le commissaire Palma lui fait une entière confiance et il a le soutien – et peut-être plus... – de la belle magistrate Laura Pires. Tout ce qu'il lui faut en somme pour éprouver sa sagacité sur le meurtre de Cecilia de Santis. Une femme au cœur d'or, violemment tuée d'un coup de boule à neige. Elle qui collectionnait avec passion ces objets au kitsch désuet n'imaginait pas voir si tôt le dernier flocon se déposer au fond de l'eau calme de sa vie de femme trompée...

Avis:

En lisant les remerciements en fin de livre, on comprendra tout de suite les intentions de l'auteur. En citant Ed McBain comme "un modèle hors d'atteinte", De Giovanni exprime ses idées de marcher sur les traces de la célèbre série sur le 87ième District (brigade d'inspecteur de police dans une ville fictive de NY).

Après avoir créé un héros atypique et attachant, il se permet de le lâcher dans un commissariat qui a subi une totale refonte. Et à lui de composer avec une équipe des plus bigarrée pour effacer les irrégularités (avec la loi) commises par l'ancienne équipe.

On est franchement déstabilisé par l'entreprise au début. Ce roman fait suite à un tome totalement différent dans le traitement. Et la première moitié du livre se pose surtout en une mise en place des différents personnages, l'enquête proprement dite est reléguée à une affaire qui marmonne sans véritablement avancer.

Petit à petit, on se familiarise avec les membres de l’équipe porteurs chacun de fameux traumas. Et l’enquête va finir aussi par trouver son rythme de croisière lorsque le principal accusé se décide à parler.

On se trouve en fin de compte avec une résolution qui joue la carte de l’inattendu. Même si cela étonnera le lecteur, il faut bien avouer que l’on reste dans du classique de genre.

L’intérêt n’est donc pas vraiment là. L’écrivain a posé les bases d’une faune policière qui percolera dans les nombreuses suites déjà écrites. On notera aussi une petite gâterie en toute fin de livre. L’ultime page résout une enquête sous-jacente qui tient à cœur l’un des inspecteurs de la brigade. Et là, il faut bien avouer qu’on est un peu soufflé par le pied de nez de l’auteur qui nous offre sur un plateau le coupable de plusieurs « suicides assistés » sans que nos héros ne le sache. Joli coup !

Note : 15/20

Ber