necro

 

Publié en 2010, 450 pages 

Pitch :

Au sortir d'une longue maladie, un jeune écrivain est invité à un congrès de biographes dans un hôtel de luxe à Jérusalem, métaphore de la ville assiégée par la guerre et sur le point de succomber. Dans ce moderne Décaméron, les vies extraordinaires des participants laissent perplexe le héros de ce tour de force littéraire et stylistique. Il y croise le libraire bibliophile Edgar Miret Supervielle, la star italienne du cinéma porno Sabina Vedovelli, l'entrepreneur colombien Moisés Kaplan, l'éditeur Ebenezer Lottmann, et surtout José Maturana, ex-forçat, ex-drogué, ex-pasteur évangélique, éclairé par la littérature, qui dans la langue puissante des rues les plus sordides raconte l'itinéraire de son sauveur, le charismatique messie latino de Miami. Quelque temps après sa communication, José Maturana est retrouvé mort dans sa chambre, tout semble indiquer un suicide, mais des doutes surgissent : qui était-il vraiment ?

 

Avis:

Il faut tout de suite avouer que l’ombre de Palahniuk plane outrageusement sur toutes les lignes de ce roman. Que ce soit dans l’écriture très crue et réaliste, dans la présence  de nouvelles émaillant le récit ou encore dans le côté ultra marginal de ces héros. Une fois qu’on s’est fait à cette idée, on entre très rapidement dans le bouquin via cet étrange congrès littéraire en plein milieu d’un Jérusalem sous les bombes.

La première moitié du roman est un sans faute avec un postulat intéressant (un des lecteurs se suicide juste après avoir lu un récit ô combien passionnant). Le véritable héros, un auteur effacé et convalescent, se sent investi de l’enquête mais cette dernière aura bien du mal à exister, perdue dans le mélo de nouveaux récit (inégaux d’ailleurs) qui vont casser le rythme du roman.

Mon « lâcher prise » s’est fait progressivement comme si l’essence du roman ne voulait pas se dévoiler à moi. Le désintérêt pur et simple n’était jamais bien loin mais j’ai terminé le bouquin sans passion aucune. Je suis certainement passé à côté de quelque chose durant le voyage. D’ailleurs que symbolise cet Ebenezer, patronyme présent dans chaque histoire apparemment ? C'est en l'écrivant que la réponse vient à moi. Les auteurs glissent opinément ce nom pour flatter l'égo de l'émissaire des éditions Tibériade,la Rolls Royce du milieu à ce qu'on murmure, qui se nomme donc Ebenezer. Gamboa accentue le parrallèe entre la situation désastreuse de la ville et la futilité de ces biographes imbus d'eux-même...

Qu’est ce que je retiens au final ? Deux mini-récits époustouflants (le tout premier déjà évoqué avec son gourou des bidonvilles et celui qui traite d’une évasion spectaculaire d’un pauvre colombien emprisonné par les Farc), une considération finale assez intéressante sur la réalité géographique entre le riche nord et la pauvresse Sud, un suspense qui s’étiole au fil des pages et un ramassis de biographes qui ergotent sur leur futures publications ! Ca sent la moyenne et pas un denier de plus !

Note : 10/20

Ber