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Publié en 2013, pages

Pitch:

Gravesend, un quartier de Brooklyn pauvre peuplé de Russes et d'Italiens. Il ya 16 ans, Duncan, le frère aîné de Conway, a été renversé par une voiture alors qu'il tentait d'échapper à un gang de jeunes animés par la haine homophobe. Aujourd'hui, le chef du gang est en prison, mais il va bientôt sortir. Conway l'attend de pied ferme pour se venger. Mais sa vengeance va tourner court et Alessandra, son amour de jeunesse, va réapparaître dans le quartier... Désir, fantasme, désespérance et noirceur sont les maîtres mots de ce roman à la profonde humanité.

Avis:

Plus noir que ça, tu meurs ! On ne les envie pas les personnages de cette bourgade de Brooklyn où tout respire la désespérance. Comme pour Conway, jeune homme paumé, qui fomente la vengeance de la mort de son frère. Sa proie : un délinquant notoire fraichement sorti de taule exhalant aussi la désillusion. Une désillusion telle qu'il voit arriver cette mort annoncée comme une offrande. Et le reste du tableau n'est pas moins folichon.

On vit le retour dans le quartier d'une actrice (ratée) revenant d’Hollywood et qui retrouve son patelin comme elle l'a quitté. Au menu : un papa en suspension et une meilleure amie trentenaire qui joue à l'adolescente en cohabitant toujours avec maman. Et au rayon « ado à problème », l'on suit le destin d’Eugene, un jeune bon à rien qui veut suivre les traces d'un oncle truand. Résultat : renvoi de l'école, vol à l'étalage et autre joyeuseté. Et quand le gamin se prend des envies d'aller racketter le mafieux du coin, on atteindra les prémices de l'épilogue du livre. Epilogue que l’on devine comme une sorte d’anéantissement du petit microcosme présenté par l’auteur

Tout cela a de quoi être déprimant. Pourtant, on ne lâche jamais l’affaire et pour notre plus grand bonheur. Car le final est de toute beauté dans une sorte de poésie macabre suite au déroulement des ultimes événements. Tout le monde va peu ou prou se télescoper, donnant lieu à quelques grands moments de littérature noire. Comme cette superbe scène où Eugene, en voiture, court à sa perte sous les regards fantomatiques de centaines de cerfs enfouis dans les bois. Même si l’on ne sait pas si cela ne se passe que dans sa tête, le final est assez vertigineux et le happy end jamais à l’ordre du jour.

Auteur à suivre.

Note : 16,5/20.