17 octobre 2010

2. Cripple creek de James Sallis

 

 

Titre original :

 

Pitch :

John Turner est un ancien taulard, ancien flic, un temps thérapeute, au passé fait de meurtres et de violence et qui s'est finalement réfugié près d'un lac où il n'aspire qu'à l'oubli. L'endroit semble idéal. A peine installé pourtant, il devient l'adjoint du shérif local et arrête un chauffard qui traversait la ville ivre mort avec 200000 dollars dans son coffre. Au petit matin, alors que personne n'a été prévenu, le prisonnier est " extrait " de sa cellule par un commando qui blesse grièvement deux policiers. John Turner, bien loin de se douter qu'il va libérer les chiens de son passé, part sur la route à la poursuite de cet inconnu désormais en cavale...

Avis :

Alors là, je suis déception....

 

Tout d'abord, on est totalement floué par le quatrième de couverture qui nous promettait une traque effrénée du héros envers des bandits issus de son passé. Et on se retrouve dans un non-récit, sans véritable fil conducteur. On est catapulté dans une sorte de drame sans âme au travers duquel surgiront des personnages, plus ou moins récurrents, sans qu'on ne s'y attache véritablement. Par exemple, l'arrivée inopinée de la fille héros qui ne nous fait ni chaud, ni froid...

 

Ensuite, même si la lecture est toujours aussi aisée, on se fatigue assez vite des flashbacks sur John Turner  qui ont l'air, assez souvent, de tomber comme un cheveu sur la soupe. Pourtant cela fonctionnait si bien dans « Bois mort »...

 

Non, franchement il n'y a pas grand chose à sauver de ce second tome. Le seul soubresaut que l'on puisse avouer n'arrivera que lors des trois ultimes pages. Un drame incommensurable assommera les desseins du héros, le laissant dans un mutisme inquiétant. Le lecteur se sentait d'ailleurs dans un similaire état de torpeur et ce, depuis l’ouverture du bouquin...

 

Note : 7/20

 

 

Ber

 

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31 juillet 2010

1. Bois mort de James Sallis

 

bois

 

Titre original : Cypress grove (2003) 316 pages

 

Pitch :

John Turner est venu se réfugier dans le Tennessee, sur les bords d'un lac. Ancien taulard, ancien flic devenu thérapeute, homme seul à l'histoire violente, il ne souhaite que le calme, une forme de pardon et l'oubli d'un passé mêlant meurtres et survie. L'endroit semble idéal. À peine installé pourtant, le shérif vient le trouver et lui demande de l'aide. Un jeune vagabond a été retrouvé mort dans une ruelle, les mains liées au-dessus de la tête, un pieu planté dans le coeur. Personne ne sait rien de lui si ce n'est qu'il avait en sa possession des lettres ayant appartenu au maire de la ville...

Avis:

On est face à un récit qui alterne, d’un chapitre à l’autre, la biographie du héros par des bonds épars dans son passé tel des instantanés de sa vie malheureusement riche en malchance et sordide et sa vie présente retirée de tout afin de fuir la folie urbaine. Une enquête policière va néanmoins perturber sa retraite lorsque le shérif local le sollicitera dans un rôle de consultant.

 

Forcément l’enquête proprement dite n’aura pas vraiment les coudées franches face au passé tumultueux du héros qui le verra passer du statut de flic à Memphis à psychothérapeute tout en passant par la case prison.  On est clairement dans l’introduction de ce personnage complexe même via le présent qui le voit totalement en fuite vers une solitude salutaire.

 

 

Finalement l’élucidation du meurtre commis dans cette petite bourgade passera par un sympathique hommage au cinéma de série z avec ses réalisateurs obscurs et ses aficionados tout aussi sombres. J’en ai vu un léger clin d’œil au culte «La conspiration des ténèbres »  de Théodore Roszak.

 

Ajoutez à cela une écriture très jazzy dans l’ambiance et vous aurez compris que j’attends avec impatience la suite de la trilogie consacrée à ce John Turner qui rentre indéniablement dans le panthéon des héros du noir !

 

 

Note : 16/20

 

 

Ber

 

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Mini bio de James Sallis

Né en Arkansas en 1944, Sallis est un touche à tout : chroniqueur dans la presse, traducteur de Raymond Queneau (ce qui le rend immédiatement sympathique à mes yeux), poète, enseignant, musicologue féru de jazz, éditeur.

     Passionné de S-F depuis son enfance, il collabore à la revue New Worlds où paraissent plusieurs de ses nouvelles. Il succède d’ailleurs à Michael Moorcock à la tête de cette revue, publiant également deux anthologies.

     Il s’initie au roman noir par le truchement de l’œuvre de Dashiell Hammett. On a connu pire comme entrée en matière. Le genre lui plaît tellement qu’il écrit plusieurs essais dédiés à quelques unes de ses pointures : Thompson, Goodis, Himes.

     Mais Sallis est aussi un écrivain de roman noir. Parmi les ouvrages dus à sa plume citons la série où apparaît le détective noir Lew Griffin et des one-shots dont La mort aura tes yeux et Drive.

Il vit désormais à Phoenix après être passé par Boston, New York City, Londres, Paris et La Nouvelle-Orléans.

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