tenebres

 

Titre original : Set in darkness (2000) 507 pages

 

Pitch :

Noël approche, les élections législatives aussi. Les ouvriers s'activent à Queensberry House : le siège du nouveau Parlement doit être prêt à temps. La découverte d'un corps momifié dans une cheminée, puis le suicide d'un mystérieux clochard passent presque inaperçus au regard de l'assassinat d'un fils de famille engagé dans la course électorale.
Trois morts, dont deux inconnus : l'inspecteur Rebus voit un lien entre eux et suit son instinct. Sa hiérarchie, lui reprochant de toujours chercher ce qui n'existe pas, désapprouve. En chemin, il croisera ses démons habituels : l'alcool, la solitude, la précarité de la justice, et son vieil ennemi, le caïd « Big Ger » Cafferty. Mais au coeur de ce roman, il y a surtout la beauté ténébreuse d'Edimbourg, son histoire mouvementée, et une nouvelle criminalité en filigrane : à la faveur de l'autonomie, qui va mettre la main sur l'argent et le pouvoir ?

Avis :

 

 

 

Continuant de lire les péripéties de l’inspecteur Rebus chronologiquement depuis « Le jardin des pendus », force est de constater que cet opus est le moins réussi. La raison en est simple : cela est dû à la multiplication des enquêteurs sur ces différentes affaires que Rebus va encore miraculeusement relier les unes aux autres instinctivement. Le livre s’ouvre sur une infiltration suite à un viol, enquête qui n’apparaîtra ensuite que sporadiquement en début de chapitre (on suivra le quotidien des deux violeurs) pour ne plus nous sembler qu’anecdotique au final. Bizarre...

 

 

 

L’addition des enquêtes mettra en lumière une (sombre) histoire de promoteurs immobiliers véreux doublée d’une intrigue politique peu emballante. De plus le côté « vie personnelle » du héros est franchement limité à son strict minimum. On le retrouve célibataire (pas étonnant vu l’état de son couple dans « La mort dans l’âme ») et toujours alcoolo mais tout reste assez statique sans véritable dessein pour son futur.

 

 

 

Mais tout n’est pas si mauvais tout de même. On aime la joute que se livre Rebus et son jeune coéquipier imposé par sa hiérarchie. D’un arrivisme sans égal, ce dernier va se casser les dents (au sens propre et au figuré) dans son face à face avec notre enquêteur chevronné.

 

 

 

La sortie de prison de Cafferty (le grand boss de la pègre d’Edimbourg, déjà rencontré dans « le jardin des pendus ») ne va apparaître qu’en filigrane dans les 2/3 du livre. Le personnage va ensuite prendre de l’importance lorsque Rebus découvrira le motif fallacieux de sa libération. Cafferty détiendra alors les clefs de l’intrigue comme pour prouver son immense pouvoir au héros qui ne classera d’ailleurs jamais cette affaire tout en passant un réveillon du nouvel an assez brutal. Le final sort littéralement le bouquin du néant.

 

 

Note : 13/20

 

 

 

 

 

 

Ps : Je voudrai mettre en avant une scène qui m’a particulièrement mis sous tension : c’est l’interrogatoire médicalement assisté d’un magistrat, victime il y peu d’un infarctus. Mené de main de maître par un Rebus voulant clôturer cette enquête qui s’éternise, la scène va aller crescendo malgré les protestations de l’avocat et de la femme du prévenu. Rebus, hargneux, ne lâchera jamais le morceau et va faire s’emballer, de concert, le magistrat et l’appareil à électrocardiogramme. Cela se finira ostensiblement de manière tragique. Vainement pour l’enquête et le tout enregistré sur magnétophone. Grandiose !

 

Ber