fete

 

Titre original : Che la festa cominci (2009) 394 pages

Pitch :

Orchestrée de main de maître par un magnat de l'immobilier, la fête du Siècle promet d'être parfaitement décadente : tout ce que Rome peut compter de VIP a rendez-vous dans le parc de la légendaire Villa Ada. Parmi eux, des chirurgiens plasticiens, des acteurs, des mannequins, des avants-centres et des journalistes, ainsi qu'un écrivain à succès : Fabrizio Ciba. L'ego en bandoulière et le front haut, il est bloqué depuis trois ans au chapitre II de son nouveau roman. Au programme des festivités, un triple safari avec chasse au lion, au renard et au tigre aurait vocation à devenir le temps fort de la soirée. Mais c'est compter sans l'intervention d'une secte satanique baptisée "Les Enragés d'Abaddon", dont les adeptes, en mal de célébrité, sont prêts à saisir leur quart d'heure de gloire...

Avis :

On est clairement dans la grosse farce inepte qui se décrypte comme un brûlot contre la société capitaliste italienne.

 

Disons que l’installation de l’intrigue est proche du sans faute. En nous présentant la vie de deux personnages, bien distincts, dont le destin file irrémédiablement vers la fameuse fête, l’auteur débute son roman à hauteur d’homme. Et quels hommes ! Deux personnalités qui, à leur manière, veulent faire imploser la future fiesta. D’un côté, Francesco Ciba, un auteur de roman égocentrique qui se veut le chantre d’un certain socialisme populaire. Imbu de sa personne comme nul autre, il veut persuader le lecteur de la légitimité de sa présence. Comment ? En nous faisant miroiter un futur article assassin sur la festivité à la une des quotidiens.

De l’autre, Saverio dit Mantos, le leader d’une obscure secte moribonde (dont les adeptes se comptent sur les doigts d’une main) qui voit en la fête du siècle l’occasion inespérée de redorer le blason des Enragés d’Abaddon. Il se met dans la tête de décapiter une chanteuse vedette (une ex-rockeuse de death metal qui a épousé les strass de la pop musique) devant cette assemblée de VIP.

 

Le problème, c’est qu’arrivé à la dite fête, on est loin d’être scotché aux pages du roman. Comme si l’auteur nous avait abreuvés de milles promesses (des chasses d’animaux sauvages en plein cœur de Rome tout de même !) et qu’il n’arrivait pas à retranscrire sur papier la folie qu’il a imaginée. Pire, un ronronnement, synonyme d’un ennui presque condescendant, gagne peu à peu le lecteur que je suis. Sans passion aucune, la lecture devient machinale, juste pour connaître le dénouement de l’affaire.

 

Ammaniti n’hésitera pas à pousser encore plus loin sa bouffonnerie en empruntant les sentiers de la littérature horrifique. Il faut bien reconnaître que son idée de ressusciter un certain esprit d’olympisme soviétique (je n’en dis pas plus) est tout bonnement géniale mais là encore, cela demeure insuffisant pour relancer la machine.

 

A force de jouer la surenchère, l’auteur perd petit à petit le propos de son roman. A la moitié du livre, il m’a pour ainsi dire catapulté de son œuvre pour ne jamais me récupérer. Bizarre tout de même pour moi, si friand de non-sens et autre absurdité intemporelle.

 

 

 

Note : 11/20

 

 

Ber