poulpe

 

Publié en 1995, 94 pages

Pitch :

L'horreur ! A l'état pur ! Deux adolescents menottés à des rails. Leurs yeux grands ouverts, leurs bouches qui hurlent, les phares du train qui approche dans un grondement assourdissant et les roues qui s'immobilisent cent mètres trop loin... Suicide ? Le Poulpe n'y croit pas. Il veut y voir de plus près... Comprendre aussi qui sont ces types qui l'attendent en ricanant pour le balancer du haut d'une falaise. Tirer dans le tas s'il le faut... Débusquer le mensonge tapi derrière les murs de Varengueville. A la bonne société de Dieppe ! Ses fermes cossues, sa bonne morale... De quoi donner quelques démangeaisons au Poulpe ! Et une sérieuse envie d'aller tataner la gueule des indélicats !

Avis:

Pouy (qui sévit dans le roman noir français depuis 1983) jetait les bases d’une nouvelle franchise. Il inventait ici un nouvel héros récurrent que plein d’auteurs pourraient, par la suite, traiter à leur guise. Et ce sans déroger à quelques règles assez peu contraignantes au final.

 

Ce premier épisode nous présente Gabriel Lecouvreur, dit Le Poulpe en rapport à la taille démesurée de ses bras, qui s’impose direct comme un détective pas comme les autres. En effet, c’est lui qui décide de l’enquête à mener en feuilletant inlassablement les faits divers, attablés dans sa gargote favorite.

 

Armé d’une répartie digne d’un Audiard inspiré, Gabriel n’est pas reconnu pour sa délicatesse. Il fonce souvent dans le tas pour le plus grand malheur de sa charpente osseuse. Que voulez-vous, il fonctionne à l’instinct Le Poulpe !

 

Sur moins de 100 pages, Gabriel, décrit par son auteur tel un Elliot Gould trentenaire, s’immiscera dans la haute bourgeoisie Normande sur fond d’extrême droite et de ligue anti-avortement. Tout cela afin de prouver que le suicide de deux jeunes amoureux transis a été maquillé par de belliqueuses personnes.

 

C’est sur un rythme effréné que le récit ne nous laissera jamais véritablement le temps de nous faire notre propre enquête. Les deux seuls temps morts nous offrirons même les plus grandes sensations : d’abord sa pause hospitalière se soldera par une remise en place de quelques unes de ses articulations. Séance pour laquelle notre empathie devient galopante. Et que dire alors des quelques lignes torrides qui verra notre héros frayer avec une jeune beauté virginale qui se révélera pas si farouche que ça. Cela ne laissera personne de marbre, je vous l’dis !

 

Marginal jusqu’au-boutiste, Gabriel pompera du fric à la haute bourgeoise culpabilisée sans rapporter le moindre cents à sa chérie Cheryl, qui l’attend toujours sagement(?) au bercail. Ben non, tout son pécule il le consacre à la remise à neuf un vieux coucou soviétique !

 

Incorrigible le Poulpe !

 

 

 

Même si cela ne casse jamais 3 pattes à un canard, on est devant un exercice de style assez jubilatoire qui ouvrait une brèche sur une aventure qui perdure encore aujourd’hui.

 

 

 

Note : 15/20

 

 

 

Ber